Phèdre (Faidra)

Phèdre par Cabanel, (Musée Fabre, Montpellier)

Phèdre était la fille de Minos, roi de Crète et de Pasiphaé. Deucalion, son frère aîné, l'avait donnée en mariage à Thésée, après que celui-ci eut abandonné son ex-femme Ariane. De son premier mariage, Thésée avait eu un fils, Hippolyte, qui vivait alors avec Thésée et Phèdre. Malheureusement, Phèdre tomba amoureuse d'Hippolyte. Honteuse, elle n'osait pas avouer son amour incestueux. Pourtant sa nourrice, à qui elle s'était confiée, lui proposa d'envoyer une lettre à Hippolyte pour lui avouer son amour et l'inviter à une partie d'une chasse. Hippolyte repoussa violemment les avances de Phèdre et l'accabla de reproches.
Se sentant délaissée, Phèdre se pendit en laissant une lettre à son mari dans laquelle elle lui expliquait qu'Hippolyte avait cherché à la violer. Thésée demanda alors à Poséidon de faire mourir Hippolyte, car il croyait que son fils était réellement coupable

Référence littéraire

Senèque, Phèdre, 177-194

Quae memora scio uera esse, nutrix; sed furor cogit sequi peiora. Vadit animus in praeceps sciens remeatque frustra sana consilia appetens.Sic, cum grauatam nauita aduersa ratem propellit unda, cedit in uanum labor et uicta prono puppis aufertur uado. Quid ratio possit? Vicit ac regnat furor potensque tota mente dominatur deus. Hic uolucer omni pollet in terra patens laesumque flammis torret indomitis Iouem; Gradiuus istas belliger sensit faces, opifex trisulci fulminis sensit deus, et qui furentis semper Aetnaeis iugis uersat caminos igne tam paruo calet; ipsumque Phoebum, tela qui neruo regit, figit sagitta certior missa puer uolitatque caelo pariter et terris grauis.

Tout ce que tu me rappelles est vrai, ô nourrice : mais ma passion furieuse m'oblige à suivre la mauvaise voie. Mon âme sait qu'elle va aux abîmes et revient, mais vainement, vers les bonnes inspirations qu'elle voudrait suivre. Je suis comme le nocher qui essaie de pousser son vaisseau lourdement chargé contre le courant: son labeur se dépense en pure perte et sa poupe vaincue est entraînée au gré du flot par la dérive. Que peut faire la raison ? Ma passion victorieuse règne et tout mon esprit est dominé par un dieu tyrannique. C'est un être ailé qui étale sa puissance sur la terre entière ; il blesse jusqu'à Jupiter de ses invincibles flammes ; le belliqueux Mars a éprouvé la force de ces torches-là, ainsi que le dieu qui forge la foudre aux triples pointes et l'on a vu celui qui attise sur les hauteurs de l'Etna l'éternelle fureur des ses forges, embrasé par ce feu si imperceptible; même Phébus, dont l'arc lance les traits, a été percé d'une flèche de cet enfant, archer plus adroit encore, qui voltige, également redouté du ciel et de la terre.

Sources


Retour à l'index

Laetitia Crétin, 12.11.02