Niobé


Niobé par Joseph Solomon, 1860-1927, Londres


Diane et Apollon tuant les enfants de Niobé.

 

Niobé était la fille de Dioné et de Tantale, lui-même fils de Zeus. Tantale tua son fils et l'offrit en sacrifice aux dieux. Ce crime sera à l'origine du destin tragique de toute sa descendance. C'est Niobé qui, d'entre tous les enfants, subira le sort le plus affreux. Au début, pourtant, elle paraissait favorisée. Elle épousa Amphion, fils de Zeus et musicien remarquable. Un jour, Amphion, grâce à ses talents de musicien, remporta une épreuve contre son frère, athlète, et, depuis cette victoire, Amphion et Niobé régnèrent en parfaite concorde jusqu'au jour où elle montra que la folie de Tantale vivait également en elle. Heureuse et fière de ses sept filles et ses sept fils, Niobé déclara qu'elle était supérieure à Latone, qui, elle, n' avait eu qu'une fille et qu'un fils, Diane et Apollon. La déesse Latone entendit les mots de Niobé et demanda à ses enfants, de la venger. Diane se chargea de tuer les sept filles et Apollon les sept fils. Niobé vit de ses propres yeux ses enfants mourir. Elle tomba à leurs côtés et dès ce moment-là son coeur devint pierre. Elle se changea en rocher et ses larmes continuèrent de couler nuit et jour.

Référence littéraire

Ovide, M, VI, 267-278 :

Fama mali populique dolor lacrimaeque suorum
tam subitae matrem certam fecere ruinae
mirantem potuisse irascentemque, quod ausi
hoc essent superi, quod tantum iuris haberent.
nam pater Amphion ferro per pectus adacto
finierat moriens pariter cum luce dolorem.
heu quantum haec Niobe Niobe distabat ab illa,
quae modo Latois populum submoverat aris
et mediam tulerat gressus resupina per urbem,
invidiosa suis, at nunc miseranda vel hosti.
corporibus gelidis incumbit et ordine nullo
oscula dispensat natos suprema per omnes.

La Renommée, la douleur du peuple, les larmes des siens ont appris à la mère cette catastrophe subite:elle s'étonne que les dieux aient pu l'accomplir; elle s'indigne qu'ils aient osé et que leurs droits aillent jusque-là. Quant à Amphion, il s'était plongé un poignard dans le sein; il avait mis fin du même coup à sa vie et à sa douleur. Hélas! Combien Niobé maintenant étaien différente de cette Niobé qui naguère avait écarté le peuple des autels de Latone et qui s'avançait à travers la ville en rejetant le tête en arrière! Elle était alors un objet d'envie pour les siens; aujourd'hui elle fait pitié même à ses ennemis. Penchée sur les corps glacés, elle disitribue au hasard à tous ses fils ses derniers baisers.

Sources


Retour à l'index

Renaud Léonie, 18.12.02