Médée 

Médée furieuse, Eugène Delacroix ( 1798-1863 ), Palais des Beaux-Arts, Lille

Médée est la fille du roi de Colchide Aeétès. Elle est la petite-fille du Soleil. Sa mère est l'Océanide Idyie. Parfois on lui donne comme mère la déesse Hécate, patronne de toutes les magiciennes.
Sans son aide, Jason n'aurait pas pu conquérir la Toison d'or. Elle lui a fait promettre de l'épouser si elle assurait le succès de son entreprise et le rendait maître de la Toison d'or qu'il venait chercher si loin. Elle l'aida en lui donnant un onguent magique destiné à le protéger des brûlures des taureaux au souffle de feu qu'il devait combattre et elle lui offrit une herbe capable d'endormir le dragon, qui garde la Toison d'or. Une fois la Toison d'or conquise, elle s'enfuit avec Jason. Pour le suivre et lui donner la victoire, Médée avait non seulement trahi et abandonné son père, mais elle avait aussi pris son frère, Apsyrtos, en otage. Elle n'avait pas hésité à le tuer et à le découper en plusieurs morceaux qu'elle sema dans l'eau pour que son père, en ramassant les morceaux éparpillés de la dépouille de son fils, soit retardé.
Médée veut se venger du roi Pélias, qui avait essayé de faire périr Jason en lui imposant la quête de la Toison d'or. Elle persuada les filles de ce roi qu'elle était capable de rajeunir tout être vivant en le faisant bouillir dans une composition magique dont elle avait le secret. Les filles de Pélias dépecèrent donc leur père et jetèrent les morceaux dans la composition magique de Médée, mais Pélias n'en ressortit jamais. A la suite de ce meurtre, Jason et Médée ont été bannis et s'en allèrent vivre à Corinthe jusqu'au jour où le roi Créon voulut donner sa fille en mariage à Jason. Il bannit Médée mais celle-ci obtint un délai d'un jour qu'elle mit à profit pour préparer sa vengeance. Trempant une robe dans des poisons, elle la fit parvenir, par l'intermédiaire de ses enfants, à sa rivale. Dès que celle-ci l'eut mise, elle fut embrasée d'un feu mystérieux. Puis elle tua ses propres enfants et s'éleva dans les airs sur le char du Soleil attelé de dragons.
Médée est l'image du chaos et des forces maléfiques.

Référence littéraire

Sénèque, Tragédies, T. I, 963-974

Cuius umbra dispersis uenit
incerta membris? Fater est, poenas petit : -
dabimus, sed omnes. Fige luminibus faces,
lania, perure, pectus en Furiis patet.
Discedere a me, frater, ultrices deas
manesque ad imos ire securas iube :
mihi me relinque et utere hac, frater, manu
quae strinxit ensem: - uictima manes tuos
placamus ista. - Quid repens affert sonus?
Parantur arma meque in exitium petunt.
Excelsa nostrae tecta conscendam domus
caede inchoata. Perge tu mecum comes.
Tuum quoque ipsa corpus hinc mecum aueham.
Nunc hoc age, anime: non in occulto tibi est
perdenda uirtus; approba populo manum.

Quelle est cette ombre hésitante qui s'avance, traînant ses membres déchirés? C'est mon frère; il demande vengeance. - J'expierai, mais totalement. Fixe tes torches dans mes yeux, déchire-moi, consumme-moi; mon sein s'offre aux Furies, vois. Tu peux dire aux déesses de la vengeance de me lâcher et de regagner en toute sécurité les profondeurs des enfers: livre-moi à moi-même et sers-toi, mon frère, de ma main qui a tenu le glaive. - Voici la victime par laquelle je vais apaiser tes Mânes. (Elle tue un de ses enfants.) Que m'annonce ce tumulte soudain? On court aux armes et on me recherche pour me tuer. Je vais monter sur le toit élevé de ma maison, maintenant que mon crime est en train. (A la nourrice.) Viens avec moi, ô ma compagne. Ton corps aussi sera enlevé d'ici avec moi. Allons, agis, mon âme: montre à ce peuple la force de ta main.

Sources


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Gilliane Vogel, 26.11.02