Daphné (Dafnh)

Daphné et Apollon ainsi que le père de Daphné, le dieu-fleuve Pénée

Daphné, fille du dieu-fleuve Pénée, est une chasseresse indépendante et réfractaire au mariage et à l'amour. Cette nymphe admire beaucoup la déesse Diane et désire suivre son exemple. C'est pourquoi elle refuse tout amant, quel qu'il soit et qu'elle éconduit tous les jeunes gens qui tombent amoureux d'elle, au grand désespoir de son père. Un jour, Apollon, fils de Jupiter et de Léto, se moqua du fils de Vénus, le dieu de l'amour, Cupidon. Celui-ci se vengea d'Apollon en le blessant d'une de ses flèches qui fait naître l'amour, et celui-ci tomba aussitôt amoureux de la nymphe Daphné, qui s'enfuit immédiatement en courant. S'ensuit alors une poursuite, durant laquelle Apollon tente en vain de convaincre la belle nymphe de s'arrêter. Malheureusement pour elle, Apollon, poussé par les ailes de l'amour, la rejoint peu à peu. Au moment où le jeune dieu effleure la belle en fuite, celle-ci implore son père de l'aider et de la délivrer de sa beauté trop séduisante; c'est alors que, devant les yeux ébahis du jeune dieu, Pénée transforme sa fille en laurier, et le malheureux Apollon embrasse en pleurs le tronc de l'arbre et décide, dès ce jour, que les feuilles de son beau laurier accompagneront ses cithares et ses carquois, ainsi que les capitaines du Latium et la porte d'Auguste. Daphné fut le premier amour d'Apollon et cette légende est devenue si connue qu'on si référait parfois.(ex (cf ci-dessous): Martial dans son épigramme, livre XI, 43)

Références littéraires

Ov. M, I, 496-504: Apollon contemple la nymphe tout en la poursuivant

Spectat inornatos collo pendere capillos
Et :"Quid, si comantur?" ait. Videt igne micantes
Sideribus similes oculos, uidet oscula, quae non
Est uidisse satis; laudat digitosque manusque
Bracchiaque et nudos media plus parte lacertos;
Siqua latent, meliora putat. Fugit ocior aura
Illa leui neque ad haec reuocantis uerba resistit:
"Nympha, precor, Penei, mane; (...)

Il contemple les cheveux de la nymphe flottant sur son cou sans ornement: "Que serait-ce, dit-il, si elle prenait soin de sa coiffure? "Il voit ses yeux brillants comme des astres; il voit sa petite bouche, qu'il ne lui suffit pas de voir; il admire ses doigts, ses mains, ses poignets et ses bras plus qu'à demi-nus; ce qui lui est caché il l'imagine plus parfait encore. Elle, elle fuit, plus rapide que la brise légère; il a beau la rappeler, il ne peut la retenir par de tels propos: "O nymphe, je t'en prie, fille de Pénée, arrête; (...)

Ov. M, I, 540-547: Daphné implore son père au moment d'être rejointe

Qui tamen insequitur, pennis adiutus Amoris,
Ocior est requiemque negat tergoque fugacis
Imminet et crinem sparsum ceruicibus affliat.
Viribus absumptis expalluit illa citaeque
Victa labore fugae, spectans Peneidas undas:
"Fer, pater"inquit"opem, si flumina numen habetis,
Qua nimium placui, mutando perde figuram."

Mais le poursuivant, entraîné par les ailes de l'Amour, est plus prompt et n'a pas besoin de repos; déjà il se penche sur les épaules de la fugitive, il effleure du souffle les cheveux épars sur son cou. Elle, à bout de force, a blémi; brisée par la fatigue d'une fuite si rapide, les regards tournés vers les eaux du Pénée: "Viens, mon père, dit-elle, viens à mon secours, si les fleuves comme toi ont un pouvoir divin; délivre-moi par une métamorphose de cette beauté trop séduisante."

Ov. M, I, 552-563: Apollon devant son amour métamorphosé 

(...); remanet nitor unus in illa.
Hanc quoque Phoebus amat positaque in stipite dextra
Sentit adhuc trepidare nouo sub cortice pectus
Complexusque suis ramos, ut membra, lacertis
Oscula dat ligno; refugit tamen oscula lignum.
Cui deus: "At quoniam coniunx mea non potes esse
Arbor eris certe" dixit "mea, semper habebunt
Te coma, te citharae, te nostrae, laure, pharetrae;
Tu ducibus Latiis aderis, cum laeta triumphum
Vox canet et uisent longas Capitolia pompas.
Postibus Augustis eadem fidissina custos
Ante fores stabis mediamque tuebere quercum;(...)

"La cime d'un arbre couronne sa tête; de ses charmes il ne reste plus que l'éclat. Phébus cependant l'aime toujours; sa main posée sur le tronc, il sent encore le coeur palpiter sous l'écorce nouvelle ; entourant de ses bras les rameaux qui remplacent les membres de la nymphe, il couvre le bois de ses baisers; mais le bois repousse ses baisers. Alors le dieu: "Eh bien, dit-il, puisque tu ne veux pas être mon épouse, du moins tu seras mon arbre; à tout jamais tu orneras, ô laurier, ma chevelure, mes cithares, mes carquois; tu accompagneras les capitaine du Latium, quand des voix joyeuses feront entendre des chants de triomphe et que le Capitole verra venir à lui de longs cortèges. Tu te dresseras, gardienne fidèle, devant la porte d'Auguste et tu protégeras la couronne de chêne suspendue au milieu."

Mart. XI, 43, 7-8: Un homme se moque de sa femme lorsqu'elle le surprend avec un jeune homme et lui cite plusieurs exemples de dieux et mortels préférant les hommes

(...) Torquebat phoebum Daphne fugitiua : sed illas
Oebalius flammas iussit abire puer. (...)

(...) Daphné en fuyant faisait le tourment de Phébus : cependant le jeune fils d'OEbalus fit oublier au dieu sa flamme amoureuse. (...)

Sources


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Claire Barthe,27.11.02